Réforme des retraites : le gouvernement n'exclut aucune piste

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La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré que l'exécutif était ouvert à toutes les solutions pour résorber le déficit du système des retraites. La future loi devrait être examinée non pas en 2014, mais dès cette année, selon Le Monde.

Augmenter la durée des cotisations, reculer l'âge de départ, désindexer les pensions... pour l'instant, toutes les options semblent ouvertes dans le cadre de la future réforme des retraites. « L'ensemble des solutions sont sur la table », a déclaré Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociale et de la Santé, dans l'émission « Tous politiques » France Inter-AFP-Le Monde, diffusée le 10 février.
« C'est par la négociation que nous avancerons », a souligné celle qui a en charge le dossier des retraites dans le gouvernement. Marisol Touraine a rappelé que le calendrier, prévu dans la feuille de route de la grande négociation sociale des 9 et 10 juillet derniers, sera respecté. Après les deux rapports du Conseil d'orientation des retraites (COR) sur l'état des lieux du système des retraites en 2020, 2040 et 2060, remis le 19 décembre 2012 et le 23 janvier 2013, « dans quelques jours, dans quelques semaines, va se mettre en place un comité d'experts, un comité de sages qui fera des propositions sur l'adaptation de nos régimes de retraite à court ou à plus long terme », a expliqué la ministre.

Donner de la lisibilité au système

Marisol Touraine avait précisé à Toutsurlaretraite.com que le comité de sages sera composé de « cinq, six, sept, en tous cas, moins de dix personnes » et que « ce ne seront pas des parlementaires, ni des partenaires sociaux », mais des « des personnalités qui, à un titre ou un autre, peuvent apporter quelque chose ». Une fois que le comité aura rendu ses conclusions, « j'organiserai la négociation avec les organisations syndicales », a expliqué la ministre. Les partenaires sociaux auront deux défis de nature différente à relever : le financement à « relativement court terme » car la « réforme de 2010 n'a pas permis d'apporter la stabilité nécessaire au système des retraites » et « donner de la lisibilité, de la clarté aux Français sur l'avenir des retraites ».
Même si « aucune piste n'est aujourd'hui privilégiée », a insisté Marisol Touraine, « il y aura des efforts à faire », a-t-elle prévenu. Sur la sous-indexation (une revalorisation inférieure à l'inflation) des pensions qui d'après un article publié dans le quotidien Le Monde daté du 9 février, aurait la préférence de l'exécutif, la ministre a rappelé que « les retraités ont été mis à contribution », via l'instauration, dans le Budget de la Sécurité sociale de 2013, d'une taxe de 0,3% sur les retraites destinée à financer la dépendance.

Des efforts « à différencier »

Par ailleurs, les efforts demandés seront « à différencier en fonction des carrières professionnelles », a précisé Marisol Touraine en citant l'exemple des personnes ayant travaillé dans les secteurs public et privé et actuellement pénalisées par les différences de fonctionnement des deux régimes.
Au sujet justement des fonctionnaires, la ministre, interrogée sur l'absence jusqu'ici des régimes de retraite de la fonction publique dans les pistes de réforme, a déclaré qu'il ne fallait pas « stigmatiser » ou opposer les catégories professionnelles. Marisol Touraine a également rappelé que les primes ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite des agents de la fonction publique, sous-entendant que les fonctionnaires n'étaient pas autant privilégiés que l'on pourrait croire.

Une réforme dès 2013

En revanche, la ministre n'a pas soufflé mot sur la date de l'examen du projet de loi sur les retraites. Toujours d'après les informations du Monde, après avoir laissé entendre qu'il pourrait repousser la réforme en 2014, le gouvernement aurait finalement décidé de présenter le texte dès 2013. « On pensait reporter à l'année prochaine, mais on va être obligé d'accélérer notre calendrier », a indiqué Matignon au quotidien du soir. Cette accélération aurait pour but de rassurer Bruxelles et les agences de notation alors que la France risque, compte tenu des mauvais chiffres de croissance, de ne pas respecter les 3% de déficit public promis par François Hollande.
L'opposition, elle, appelle à un nouveau recul de l'âge de la retraite. « Bien entendu, il faut encore repousser le départ », a affirmé Valérie Pécresse au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro du 10 février. Selon la secrétaire générale déléguée à l'UMP, taxer davantage les pensions serait « une rupture totale du pacte de confiance qui a été fait entre les hommes politiques et les retraités ». La députée des Yvelines admet, toutefois, une exception : « si c'est pour financer la dépendance, je répondrais peut-être que oui ».

 

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